Marisa, Marisa, que tu es joie dans ce théâtre de souvenir. Marisa, quelle petite mine dans ce présent mélancolique et nostalgique…

« Marisa », c’est l’histoire d’une belle vieille femme qui vit dans son passé heureux. C’est une femme qui se veut émoustillée en vivant dans l’avant, mais qui est si triste dans ce présent, épuisé de souvenir. Marisa, réalisé par Romain Barreau dans le cadre d’un court-métrage de fin d’année scolaire à EICAR, c’est l’histoire du manque.

Si on s’intéresse au détail du film, on comprend dès le départ la suggestion du manque et du souvenir laissé par la réalisation. En effet, nous sommes radicalement plongés dans une chambre, celle du deuxième personnage important mais absent : Esteban. Dans cette première scène les mémoires semblent flotter dans l’atmosphère tout d’abord avec la notion du temps abordée par Marisa, elle explique qu’Esteban a grandi. Dans un second temps, une photo du troisième personnage est montrée : Fernand le mari de Marisa. Fernand sur cette photo était jeune (18 ans), le temps est passé et sa beauté semble donc avoir fané d’où la mélancolie de la scène. Enfin, il est également mentionné le plat préféré d’Esteban que cuisinait la tante de Fernand. Nous avons donc une première scène largement plongée dans la mélancolie avec des couleurs plutôt crépusculaires et old school qui sont utilisées. Le film est tourné au numérique mais arrangé de façon à ce qu’on croit que c’est de l’argentique. C’est notamment les couleurs qui permettent d’accentuer la nostalgie et la dimension du passé à l’histoire.

Fernand contemple la beauté du morceau de Vivaldi.
Marisa intervient lorsque Fernand écoute Vivaldi.

La présence de la musique dans ce court-métrage a un rôle très important, car elle s’accorde tout en légèreté avec le cadre et les couleurs choisies. La musique met en valeur dans un premier temps l’époque, et dans un second temps la beauté de celle-ci. Marisa lorsqu’elle découvre son mari écouter  » The Four Seasons-Summer  » d’Atonio Vivaldi cela lui rappelle toute une époque à laquelle elle donne une grande valeur sentimentale. A contrario, la mélodie de  » La bohemia  » de Buika dans la séquence où Marisa s’apprête pour aller au théâtre met en lumière la jeunesse intérieure de cette vieille femme ce qui fait d’elle une personne unique et attachante. Elle danse et elle est belle, cette séquence du film permet de comprendre aussi pourquoi Marisa a été la seule à séduire et à convaincre Fernand parmi toutes ses prétendantes.

Au commencement du film, nous sommes dans la peau d’Esteban et cela implique un rapport très intime avec Marisa, cette implication continue au fil des minutes. En effet, dans le passage à table, le couvert d’Esteban est tourné vers nous…

Eh bien Marisa est si belle, mais si triste que son petit-fils ne soit plus présent. En revanche, celui qui reste présent, c’est Fernand, un vieil homme épuisé et attristé de voir sa femme vivre dans de tels souvenirs au point qu’elle croit que c’est la réalité. Fernand est l’ami et l’ennemi de Marisa, l’ami, car il l’aime et pour elle, c’est l’homme de sa vie, l’ennemi, car c’est lui qui lui rappelle le présent, qui tente de la raisonner et qui la blesse, car ce qu’elle aimerait, c’est revivre le passé.

Comme tout grands-parents et en particulier Marisa, voir leur petit-enfant grandir puis partir reste une étape difficile à franchir… Ce que Marisa n’a visiblement jamais franchi…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Uneboob
fringilla elit. libero. elementum dolor Sed ut facilisis dapibus
Partagez2
Tweetez
Enregistrer
2 Partages