L’adaptation c’est l’action de s’adapter à quelque chose. Une question me trotte dans la tête depuis maintenant quelques semaines. Ma question est la suivante: faut-il s’adapter à autrui ? J’en arrive à : l’adaptation est-elle positive ou au contraire négative ? Et dans quelles mesures ?

J’arrive à distinguer deux conséquences de l’adaptation. Soit il y a élévation soit il y a rabaissement. Je m’explique. Dans le cas de l’élévation, bien qu’on ne puisse pas faire l’économie d’autrui, l’adaptation peut être un facteur de progrès. L’échange en est le médiateur direct, par exemple dans une discussion entre deux personnes, l’une étant cultivée l’autre moins du fait de sa « dotation culturelle » de départ (principe de BOURDIEU cause: milieu défavorisé, pas le même niveau de langage etc). Dans cet exemple précis si l’un s’adapte à l’autre, en l’occurrence si la personne moins bien cultivée s’adapte à l’autre dès lors il y a forcément progrès. L’effort d’adaptation pour moi passe par un effort de compréhension et de réflexion qui nous permet de nous élever. A contrario, si la personne la mieux dotée s’adapte elle va tendre vers le bas.

Ce qui m’amène à parler du rabaissement. Ici la personne se limite puisqu’elle s’adapte, il y a alors une limitation des capacités qu’elles soient physiques ou mentales. Par exemple si je m’adapte à une personne qui a un vocabulaire très réduit je ne pourrais que re-employer les mêmes mots, ainsi je limite mon vocabulaire et je suis tirée vers le bas.

Je suis partie d’un principe. L’Etat dans notre société moderne a posé ce que j’appelle des « moyennes » pour adapter sa démarche et ses décisions. Or les personnes à leur naissance sont toutes différentes et disposent d’atouts, de faiblesses, d’avantages ou de désavantages. L’Etat va établir une « moyenne » c’est-à-dire pose l’universalité. C’est à partir de cette universalité que la société va s’adapter aux individus. Or demain je perds l’usage d’un membre de mon corps, je deviens handicapée moteur, je ne suis plus dans l’universalité et je ne suis plus « normale »: Qu’est-ce que je suis alors ? comment dois-je m’adapter? Le travail d’adaptation doit-il fonctionner dans les deux sens, c’est à dire venant de la société et de moi ?

On sait tous que notre société est hiérarchisée. Le modèle c’est une pyramide qu’on divise généralement en 3 avec au sommet les « mieux dotés » au milieu les « normaux »* et au ré de chausser les « moins bien dotés ». On vient tous d’une de ces catégories, elles ne sont pas toutes égales de plus la société ne les rend pas équitables. Notre société c’est une pyramide, mais ne faut-il pas que ce soit un cercle vertueux  ?

 

En fait, notre société ne s’adapte réellement qu’à l’universalité. Elle exclut ce que j’appelle les « faux départs ». Elle divise le groupe en 3 parties, elle trie et place les personnes dans des structures dites « adaptées à leurs besoins ». J’emploie le mot « structure » car il s’oppose à notre réalité, au monde dans lequel nous vivons. Or lorsque la personne sort de cette « structure adaptée » que se passe -t-il ?

Chaque catégorie a été placée dans une structure « adaptée » mais comment font-elles pour s’adapter toutes les unes aux autres au final ?

J’ai fait des recherches j’ai vu que certains scientifiques et sociologues admettent qu’il y a des limites à ne pas dépasser dans l’adaptation à autrui. Selon leurs écrits, tenter une adaptation entre deux extrêmes ne peut fonctionner. C’est pourquoi ils parlent de « mesures » à « respecter » dans l’adaptation afin de ne pas détruire les deux personnes. Leur conclusion est que nous ne pouvons pas nous adapter à autrui si les différences sont trop grandes. D’autre part certaines personnes ne souhaitent pas s’adapter car elles ne veulent pas sortir de leur situation qu’elle soit bonne ou mauvaise.

Or le phénomène d’acculturation m’interpelle tout particulièrement. C’est une amie qui m’en a parlé. Si je pars de ce principe, je pourrai enfermer pendant 2 ans un sociologue et un historien. Or la différence à bel être énorme ils s’élèveraient tous les deux, l’effet serait très positif et enrichissant. A l’inverse (ou presque), si j’enferme un archéologue et une personne très peu cultivée que se passe-t-il ? Soit l’archéologue s’adapte et c’est un nivellement par le bas soit c’est le contraire, or le contraire reste difficilement surmontable. C’est ce qui se passe dans le système scolaire, le prof s’adapte à l’universalité ceux qui sont différents partent ailleurs car ils ne peuvent pas s’adapter du fait de la trop grande différence qu’il y a entre le professeur et eux.

Alors vient l’idée de la mixité sociale. C’est un état qui part d’un principe de cohabitation sur un même territoire de groupes sociaux aux caractéristiques diverses. Sauf qu’il n’y a toujours pas de solution pour que tout le monde puisse s’adapter les uns aux autres car ce n’est qu’un lieu de cohabitation, ce n’est pas un mode de vie universel.

Si l’adaptation à autrui n’est pas toujours possible il n’empêche qu’elle peut l’être. L’idée comme dans le cadre de l’acculturation ça serait de créer un cercle vertueux et donné naissance à une complémentarité entre les personnes.

*le mot n’est pas vraiment adapté mais l’idée c’est le « milieu » de la pyramide.

Lecture : « No et moi » Delphine de Vigan

Film : « Patients » Grands Corps Malade

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